On y croit toujours au début, à notre petite échelle, qu'on est capable de faire bouger des choses... Que donner, toujours donner, sans rien prendre redonnera des couleurs à nos étoiles.
Et puis on se lasse. On se rend bien compte que toujours donner et prendre le nécessaire n'est pas possible. Et on se sent mal, comme toujours. On se rend bien compte qu'au final on ne peut pas faire grand-chose de conséquent, à cette échelle microscopique qui est la nôtre.
Alors on se décourage. On se démotive ? On ferme les yeux, on enfouit sa tête dans l'oreiller pour ne pas voir, on se bouche les oreilles, mais tout reste au fond, irradiant un malaise, une obscurité diffuse qui comble les petits trous de nos personnalité.
On essaie quand même, pourtant. On tend les mains, on sourit, on écoute, on conseille. On prie aussi. Mais à la fin on échoue. L'obscurité grandit, et finit par sortir des coffres où on essaie de la cacher.
On s'enferme dans le silence, on réfléchit. Et parfois on laisse sortir la mauvaise humeur. On gâche ses efforts, et on le regrette amèrement, faisant grandir en nous le ressentiment, toujours caché, toujours enfoui.
La vie est une montagne russe, avec des haut, pas mal de bas. Quand on monte c'est pour redescendre, quand on descend c'est pour remonter. Un cycle.
Je veux courir, courir, disparaître, me fondre dans l'oubli. Oublier ton silence, oublier ton regard. Je cours, je fuis, et le silence me tue.
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